Ouest-France : « La Bretagne racontée à ma fille, un livre pour tous »

Pour le professeur du collège Le Volozen, le temps des dédicaces de La Bretagne racontée à ma fille (éditions Coëtquen) commencera par une séance matinale, le samedi 16 décembre, à la librairie Le Marque-Page, à Quintin.

Sur les chemins de la vulgarisation, le professeur d’histoire et chercheur éclaire une histoire de la Bretagne absente des manuels scolaires en vigueur.

Enseignant au collège Le Volozen, Mickaël Gendry explique comment lui est venue l’idée de ce livre destiné, au départ, aux adolescents : « L’histoire de la Bretagne n’est pas enseignée alors que, très souvent, en classe, les élèves se posent des questions en lien plus ou moins direct avec ce thème. »

Pourquoi le nom de Grande-Bretagne ? Comment expliquer la ressemblance entre le drapeau breton et le drapeau américain ? Dans l’histoire des symboles, quelle est l’origine du triskell ? Aux certitudes immédiates puisées dans les réseaux sociaux, le professeur, habitué à parsemer ses cours d’anecdotes valant bulles de respiration, répond en apportant un éclairage construit avec sa fille de 15 ans. « Pendant son enfance, Alix a été habituée aux balades patrimoniales. Elle m’a vu aussi me plonger dans mes recherches. » Alors, ensemble, ils ont listé les questions qu’elle se posait encore.

Le désir de transmettre

En s’adressant à des adolescents, Mickaël Gendry change du registre habituel de ses écrits. « Pour sortir du savoir « savant » des essais historiques comme L’église, un héritage de Rome, cité par Michel Onfray dans Cosmos, j’ai déplacé le curseur et je me suis rapproché d’une vulgarisation qui reste exigeante, ne serait-ce qu’au niveau de la précision du vocabulaire. » On est là dans un savoir plutôt « enseigné » qui peut aussi éclairer bon nombre d’adultes.

Sorti officiellement la semaine dernière, l’ouvrage est déjà passé sous le feu de la critique filiale : « Alix y trouve quelques passages difficiles mais elle a des réponses et trouve qu’il reflète bien nos échanges. » Il faut dire aussi que le chercheur a su éviter, entre autre, l’écueil des très nombreuses notes infrapaginales de ses essais (les renvois en bas de page) qui faisaient dire à sa fille : « Tu fais ton prof ! »

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Passionné par une Bretagne ouverte, il n’en a pas fini avec son désir de transmettre. « Avec Vincent Béchec, un autre professeur du collège, on prépare une histoire illustrée de l’Armorique et de la Bretagne, à paraître en mai 2018, aux éditions La Geste. » Et pour aller au bout de sa démarche de vulgarisation, il aimerait rencontrer un illustrateur pour traduire en bande dessinée un savoir qu’il ne demande qu’à partager.

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— Que t’évoque d’abord la Bretagne ? Quels sont les mots qui te viennent à l’esprit quand tu parles de la Bretagne ?

— Euh… pour moi, la Bretagne c’est la fée Viviane, Merlin l’enchanteur et Kaamelott, la forêt de Brocéliande ! Il y a aussi les galettes et les crêpes, les bols avec les prénoms, la musique bretonne, les triskells, les cirés jaunes ! Je pense aussi aux légendes : celles de l’Ankou, des korrigans.

— Tu oublies le beurre demi-sel et le kouign-amann, ma fille ! Tout ce que tu me dis là renvoie à la Bretagne, immuable, terre de légende et au folklore, à une gastronomie somme toute récente.

— C’est un bon début, non ?

— Bien évidemment, l’imaginaire est important… Tu mélanges là cependant culture, histoire, folklore et gastronomie. Ton imaginaire, qui fait de la Bretagne une vieille terre de légende, est en fait un héritage de clichés en grande partie forgés au XIXe siècle. À cette époque, en effet, les romantiques comme Chateaubriand, Balzac, Victor Hugo ou Michelet se prennent de passion pour la Bretagne. Ils racontent la Bretagne telle qu’ils se l’imaginent, avec leurs émotions, comme ils le feraient dans un roman. La Bretagne devient un décor, tel un jardin à l’anglaise vu de Paris, entre légende et histoire ! Mais le roman n’est pas l’Histoire cependant ! Ni une Histoire des histoires même si je vais tenter de t’en raconter une : celle que j’ai croisée au fil de mes recherches.

Quoi de neuf sur le Web en Histoire-Géographie ? Scoop-it Académie de Rennes
HG Académie de Rennes’s insight:
De symbole en symbole, l’ouvrage propose de retracer l’Histoire de la Bretagne, de la fin de l’Antiquité à aujourd’hui. Il revient sur quelques idées reçues tout en posant des questions essentielles sur les enjeux actuels et à venir du territoire au plus près de la recherche. Un livre écrit par Mickaël Gendry, professeur d’histoire géographie.
A découvrir !

Aux origines de la Bretagne…

 

20160603_192401.jpgL’Histoire au sens grec (Historia ) est une « enquête ».  A travers ce site et dans mes recherches, j’ai tenté de la mener sur les origines de la Bretagne. Ma période de prédilection est le haut Moyen Age, à un moment où l’Armorique devient la Bretagne, entre le VIe siècle et le IXe siècle. Le sujet porte sur les migrations des Bretons, la création des évêchés bretons et la bretonnisation de l’Armorique

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Dédicaces

Saint-Brieuc, Les Champs –  le 14 janvier 2017, 10 h à 13 heures

Saint-Malo, Cultura – 18 février 2017, 14 h00.

Saint-Brieuc, Siloë – Le Pain Des Rêves, 4 mars, 10 h

Ploufragan, espace Culturel- 11 mars, 10 h

Vannes, salon du livre les 10 et 11 juin

Brest, Cultura – 16 septembre, 10 h

Damgan, salon du livre, 6 août 2017

Chantepie, espace Cultura, 28 octobre 2017

Plestin-les-Grèves, participation à la 21e édition du salon du livre « Terroirs de Bretagne » le 12 novembre 2017 dans le cadre du festival Dañs Treger.

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Saint-Brieuc, librairie des Champs

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Saint-Malo, Cultura

Saint-Brieuc, Le pain des rêves

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Ploufragan, Espace culturel

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Ploufragan, Espace culturel

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Salon du livre de Damgan, 6 août 2017

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Salon du livre de Plestin-les-Grèves, le 12 novembre 2017

 

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Les mythes racontent leurs civilisations

De la même façon les Vies de saints bretonnes racontent un récit des origines de la Bretagne.

Ce récit des origines doit être mis en perspective avec les autres sources historiques (sources diplomatiques, archéologie, toponymie, numismatique…)

De l’Armorique à la Bretagne.

L’ouvrage fait le point sur les migrations Bretons au haut Moyen Age et offre un positionnement sur la fondation des évêchés bretons et de l’histoire de Bretagne au haut Moyen Age, du VIe au IXe siècles.

Les termes Armorique et Bretagne sont souvent confondus dans l’opinion commune. Ils s’appliquent pourtant à des réalités bien différentes. Le premier désigne un commandement politique militaire romain (Tractus Armoricanus) puis un territoire de l’Antiquité qui enveloppait la Bretagne et la Normandie actuelle. Le second est utilisé au Moyen Age, à partir du VIe siècle avec l’arrivée des Bretons.

Pendant longtemps on a cru qu’il y avait eu deux migrations des Bretons : une colonisation militaire à la fin de l’Antiquité et une  seconde de peuplement encadrée par les saints au début du Moyen Age. La recherche historique actuelle relègue au rang de mirage historiographique la première. Il ne reste plus qu’une migration de peuplement au haut Moyen Age entre le VIe et le IXe siècle.

Ces peuples étaient originaires de Bretagne insulaire, et plus précisément de la Cornouailles et le Pays de Galles actuels.

La difficulté à traiter de cette période tient à la rareté des sources historiques, essentiellement des sources  hagiographiques ou Vies de saints, au traitement difficile. L’enjeu du débat actuel tient à la place que l’on veut bien donner à ces sources. Il ne s’agit bien évidemment plus d’en faire une lecture littérale comme pouvait le faire le célèbre historien Arthur Le Moyne de La Borderie. Certains historiens estiment que ces sources ne seraient valables que pour l’époque où elles ont été rédigées, écartant le récit des faits auxquelles elles se rapportent, en l’occurrence les migrations bretonnes. Une telle approche nie l’importance de la transmission orale ou de la capacité des hagiographes à évoquer le passé même si leur but n’était pas de faire de l’Histoire. Ils étaient eux aussi des passeurs de mémoire. Hors, le recoupement  avec d’autres sources historiques est riche d’enseignement. Les Vies de saints soulèvent souvent des questions qui ont trait à l’espace que l’on peut recouper avec la toponymie, le fisc et les sources diplomatiques ou religieuses avec les sources conciliaires par exemple. L’enjeu au final n’est pas le résultat – le consensus est désormais bien établi sur la réalité de la migration des Bretons au haut Moyen Age – mais de savoir si l’on souhaite avoir une histoire de Bretagne incarnée ou non. La question de l’historicité de quelques personnages comme les évêques Samson ou Tudual ou des chefs bretons tels Riwal ou Conomore doit être posée.

L’essai propose ainsi une  contribution récente à l’étude des migrations des premiers Bretons, un positionnement sur la sur la datation des évêchés avec des cartes inédites. Le passage de l’Armorique à la Bretagne, entre le Ve et le VIe siècle, traduit une rupture de civilisation avec l’implantation de communautés bretonnes exogènes et la définition d’un territoire spécifique : la Bretagne. Ces communautés étaient organisées autour de chef de clans et chefs religieux. Le sentiment d’appartenance valait d’abord pour les clans auxquels elles appartenaient : les « Damnonii », les « Cornovii ».  Les communautés étaient originaires de Cornouailles anglaise actuelle et du Pays de Galles. La Domnonée au IXe siècle (du Léon au pays de Dol) et la Cornouaille dans le sud Finistère, aujourd’hui, en héritent.  Le processus de bretonnisation de l’Armorique au haut Moyen Age, du VIe siècle au IXe siècle traduit par une langue propre, une topographie ecclésiastique spécifique (toponymes en lan et ploues, minihi et évêchés) et un territoire constitué tout au long du Moyen Age. L’identité forte de la région Bretagne actuelle en hérite.

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